Il était une fois un petit restaurant niché dans un cul-de-sac à Kensington, à l’adresse 6 Old Court Place, tout en plancher en bois, tables en pin brossé et bric-à-brac vintage. Ce lieu-là, mesdames et messieurs, c’est Maggie Jones’s, un de ces endroits qui vous font croire que le temps ne passe pas, ou du moins qu’il s’accorde un peu moins vite à Londres.
L’histoire avec un grand H, et un peu de fantaisie
À l’origine, en 1964, ce n’était pas encore Maggie Jones’s, mais Nan’s Kitchen. Un petit resto de quartier, modeste, chaleureux, très come-as-you-are. Rapidement, il attire du monde : les locaux, les amoureux d’une cuisine anglaise simple, mais soignée, et des célébrités d’un calibre royal.
Oui, car parmi les habitués, on trouve la princesse Margaret (oui, la sœur de la reine), et son mari Lord Snowdon. Le couple venait dîner là régulièrement, se glissant dans une cabine discrète au rez-de-chaussée vers 21 h 30. Ils commandaient notamment une chicken and artichoke pie (pâté de poulet aux artichauts), plat qu’ils adoraient.
Pour garder l’anonymat des visites royales, Margaret faisait ses réservations sous un pseudo : Maggie Jones. Malin, non ? À tel point que dans les années 70, le restaurant décide finalement de changer de nom en son honneur.
Dès lors, Maggie Jones devint plus qu’un simple bistrot : une institution de Kensington, avec son décor de ski chalet campagnard, ses paniers en osier suspendus, sa vaisselle dépareillée, ses coins intimes, un vrai cocon.
Les moments difficiles puis le renouveau
En août 2023, patatras : un incendie électrique se déclare, obligeant Maggie Jones’s à fermer ses portes. C’est rare : c’était la deuxième fois seulement depuis des décennies qu’on refermait ce lieu, la première fois, c’était à cause du Covid.
Maggie Jones’s : l’institution cosy de Kensington qui renaît de ses cendres
Mais tenez-vous bien : bonne nouvelle, le restaurant a rouvert ! Deux ans plus tard, le 10 novembre 2025, Maggie Jones’s renaît de ses cendres, toujours sous la houlette de la famille Frankel qui possède aussi le restaurant La Poule au Pot à Belgravia.
Et laissez-moi vous dire : ils n’ont pas transformé le lieu en boîte ultra-moderne. Non, ils ont gardé l’âme du vieux Maggie Jones : les tables en bois brossé, le parquet grinçant, les objets vintage, tout est revenu, comme si le temps n’avait pas voulu oublier. Même l’équipe de cuisine semble fidèle au poste : certains de ses membres d’avant l’incendie sont revenus, le même brigadier, comme on dit en cuisine.
La cuisine : comme avant, mais avec une pincée de renouveau
Le menu reste très old-school britannique : des plats qui sentent bon la tradition et le réconfort. On y trouve par exemple :
Fish pie (la traditionnelle tourte au poisson)
Sole de Douvres au beurre et citron
Gigot d’agneau rôti à l’ail et au romarin
Foie de veau et bacon, ou steak & kidney pie, pour les amateurs de plats bien classiques.
Ils ont aussi remis en place des menus fixes : deux plats pour 36,95 £, trois plats pour 43,95 £.
Et bien sûr, le fameux Sunday lunch revient, ainsi que des plats plus rares pendant la saison de la chasse (oui, ça existe encore dans certains restos anglais) !
Pourquoi je vous le recommande***
Ambiance inimitable : On s’y sent comme chez un vieil ami, pas dans un restaurant design aseptisé.
Patrimoine londonien : C’est une adresse avec de l’histoire, du charme, des anecdotes royales.
Cuisine réconfort : Si vous aimez les classiques anglais, là, vous êtes servis.
Résilience : Le fait qu’il soit revenu après un incendie montre qu’il y a une vraie âme dévouée derrière.
Si vous êtes de passage à Londres, je ne peux que vous encourager : allez chez Maggie Jones’s.
Réservation recommandée.




